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POLE DE COMPETITIVITE IMAGES ET RESEAUX

mercredi 16 décembre 2009

La logique du déclin

Les défis (financiers) du futur sont retraites (financement des retraites par une population active en forte diminution) et vieillissement (allongement de la durée de la retraite), santé publique (pandémies accélérées par l’internationalisation des échanges, santé et dépendances des personnes âgées) et environnement (à la fois raréfaction des sources énergétiques à faible coûts, investissement massif dans les sources d’énergie renouvelables, réduction des pollutions, eau, réchauffement climatique, …).

Autant de financement à trouver dans les ressorts de l’épargne (par opposition à la consommation et à l’endettement), donc de la croissance « vraie ». Maintenir « artificiellement » la croissance par un endettement massif (crédit immobilier ou à la consommation) ne résout pas le problème.

Pour épargner il faudra tabler sur une progression substantielle et réelle du pouvoir d’achat, pouvoir d’achat résultant d’un travail, d’un investissement, de gains de productivité, … .

Là aussi le modèle économique est fondamental, la spécialisation productive (nouvelles technologies de l’information d’un côté, quelquefois baptisées « nouvelle société de la connaissance », services domestiques de l’autre ou « services à la personne ») est illusoire. Les technologies de l’information ne représentent qu’un marché trop petit pour soutenir la croissance d’un pays (5% du PIB mondial), les services domestiques1 se caractérisant dans leur ensemble par des bas salaires, corollaires de basses qualifications, et de gains de productivité faibles.

Si de plus cette spécialisation productive s’accompagne d’une désindustrialisation (industrie manufacturière, et investissements industriels), tous les ingrédients sont réunis pour voir un lent décalage de la production (et donc du pouvoir d’achat et donc de l’épargne) vers les pays émergents – notamment les BRIC -.

Cette spécialisation productive s’accompagne généralement d’une recherche des segments d’activité non délocalisables (d’où l’engouement pour les services et les productions « haut de gamme » qui « étaient » réputés non délocalisables).

Or cette approche a depuis été considérée comme erronée2, avec la révolution des technologies de l’information, pratiquement tous les types d’emplois peuvent être délocalisés, y compris dans le manufacturier haut de gamme et le tertiaire. D’ici une à deux décennies, plusieurs dizaines de millions d’emplois (en Europe) seront potentiellement délocalisables :

  • Les TIC modifient en profondeur la notion de biens échangeables et la répartition (division en étapes « assemblables ») du travail ;

  • Arrivée dans l’économie mondiale d’un milliard et demi de travailleurs supplémentaires de mieux en mieux formés ;

  • Stagnation des économies développées en termes d’emplois (déclin démographique difficilement compensé par une immigration mal contenue et mal gérée) et de formation (lente régression du nombre d’étudiants et surtout d’étudiants diplômés) et surtout de reconversion.

Plus encore, la croissance des inégalités, y compris dans les pays les plus avancés (U.S.A notamment) conduit à employer des populations de travailleurs immigrés sous qualifiés et a pour conséquences une déstructuration des qualifications et donc des procédés. Cette même déstructuration entraîne à son tour une possibilité de délocalisation, puisque s’il est possible de produire dans un pays avec des emplois sous qualifiés, il est tout aussi possible de produire dans un autre pays (où les coûts de production sont plus bas). Autrement dit l’industrialisation des procédés (y compris tertiaires) dans les pays les plus avancés, facilite la délocalisation vers les pays émergeants.

La ré-industrialisation est alors l’une des composantes essentielles du retour à la croissance.

Les conditions de la ré-industrialisation sont les suivantes :
  • Capacités d’investissement (et donc d’épargne) exercée dans le pays, à défaut en Europe (et non pas comme actuellement investissements exercée dans les pays émergeants) ;

  • Infrastructures, notamment dans les transports et les télécommunications ;

  • Vivier de PME pour la sous-traitance (attention ceci étant considéré parfois comme une variable d’ajustement la trop grande dépendance d’une PME vis-à-vis de sa clientèle – parfois réduite à un seul donneur d’ordre -, voire même à un seul secteur d’activité peut être fatale) ;

  • Education, formation et système de reconversion ;

  • Structure de coût compétitive.

Si une grande partie de ces conditions ne sont pas remplies aux U.S.A. (notamment infrastructures, structure de coût, …), ces conditions peuvent être remplies sur le continent européen (cependant avec de grande inégalités entre les différents membres de l’UE, mais globalement de manière satisfaisante). Encore faudrait-il considérer réellement l’espace européen comme « homogène » pour que toutes les conditions nécessaires à la ré-industrialisation sont satisfaites à l’échelon de cet espace. Investir en Roumanie alors que les infrastructures sont en Allemagne ne sert pas le dessein de la ré-industrialisation. Par contre que les investissements en infrastructure soient faits en Roumanie et pour cela faire en sorte que les investissements soient réalisés au profit d’entreprises en Allemagne est une bonne pratique, puisqu’elle concoure à la croissance allemande puis à la croissance en Roumanie.




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1 Services domestiques : services à la personne, loisirs, distribution, BTP, transports

2 Alan Blinder cité dans l’ouvrage de Patrick Artus/Marie-Paule Virard

Qui n'en veut ?

Qui n’en veut ?

Le grand emprunt attise les appétits. Pas une journée sans une manifestation d’intérêt pour une part de la grande soupe réservée aux investissements de croissance et d’avenir. Deux questions fondamentales subsistent. Comment évaluer le potentiel d’avenir et de croissance d’un investissement, notamment s’agissant de R&D et plus spécifiquement de R ? Pourquoi le grand emprunt permet de faire demain ce qui n’a pas été fait hier ?














Pourquoi demain et pas hier :
Les dispositifs nationaux ou européens favorisant le R&D soit dans leur mécanisme financier (Crédit d’Impôt Recherche par exemple), soit dans leur processus (appels à proposition ANR, et/ou FUI pour les pôles de compétitivité par exemple) sont en place et semblent fonctionner (à une rigidité administrative près). L’orientation (la programmation) de la R&D est même en place – ou tout au moins demandée – permettant d’espérer que les fonds publics soient employés de manière pertinente.

Les seules différences perceptibles sont un volume inégalé de financement (mais qui peut dire combien ?) et de nouvelles règles de sélectivité, qui devraient s’ajouter à celles déjà en place au sein des entreprises, des laboratoires académiques, des établissements d’enseignement supérieur. Il conviendrait peut-être d’y ajouter une mise en cohérence des différents projets retenus (ne pas oublier un champ d’investigation porteur, ne pas engager plusieurs actions sur un même champ par exemple).

Si des secteurs entiers d’activité, se réveillent en réclamant leur bolée, ne serait-ce pas un effet d’aubaine ? Peut-être mais il faut déjà y voir une retombée de la mise en cohérence. Si jusqu’à présent chaque projet était au mieux à l’initiative de quelques acteurs d’un écosystème réduit (à une thématique, à un territoire géographique), cette nouvelle impulsion « sectorielle » laissera peut-être la place à une organisation des secteurs et donc une plus grande pertinence et une plus grande cohérence au niveau sectoriel.

Pourquoi les secteurs ne se sont-ils pas « organisés » plus tôt ? Le jeu n’en valait pas la chandelle ? Le grand emprunt donne-t-il de l’imagination et de l’efficacité ?

Rappelons quand même que notre pays n’est pas si mauvais que cela en matières de budget de R&D (dans le peloton de tête mondial et européen) mais que tout se complique lorsqu’il s’agit de débouchés industriels ou commerciaux, phénomène déjà constaté maintes fois en termes de dépôts de brevets ou de publications scientifiques. Autrement dit si la R de R&D ne marche pas trop mal, c’est le D qui pose problème, jusqu’à imaginer un CII – Crédit d’Impôt Innovation –. Et si le fossé n’était pas que financier ? Et si l’industrie n’inventait pas, laissant ce soin à l’Université et L’Université n’innovait pas laissant ce soin à l’industrie ? Et si notre pays n’était pas culturellement capable d’innover, de s’approprier une innovation, de perfuser une innovation ?

Soyons clairs, tous les secteurs qui concourent aujourd’hui au PIB peuvent revendiquer une bolée. Pourquoi eux et pas les autres, pourquoi maintenant et pas hier ? Seule la logique de l’impact économique ou écologique positif peut être retenue et seule la perspective de croissance dans un terme identifié peut être un critère de sélection. Le rassemblement inespéré de toute une branche, fut-elle importante (plusieurs centaines de milliers d’emplois, plusieurs dizaines de milliards d’euros de PIB) ne suffit pas. Il faut à la fois l’impact, la perspective de croissance et la volonté de cohérence. D’autant plus que la logique de branche est loin d’être validée. On pourrait y substituer utilement la logique de filière afin d’éviter l’effet silo et de favoriser les interactions.

Un dispositif de plus

Si on veut renforcer les pôles de compétitivité, le moment n’est pas venu d’ajouter un nouveau dispositif probablement concurrent. Certes le fonctionnement des pôles de compétitivité est perfectible, notamment en matière de programmation et en matière d’exécution territoriale, mais ne convient-il pas d’améliorer, d’amplifier plutôt que de « diviser ». Les 17 pôles mondiaux ont fait des propositions. Les pôles TIC également. Ces propositions recouvrent une grande partie la problématique exposée. Il conviendra de les compléter par la possibilité accordée aux pôles de compétitivité de mettre en œuvre de projets « non collaboratifs », permettant ainsi à un laboratoire ou à une entreprise d’entreprendre un projet innovant en dehors de toute territorialité (notamment avec des firmes ou des établissements étrangers ou hors appel à projets).

Si les pôles de compétitivité disposent des moyens d’évaluer l’impact économique et/ou écologique, d’identifier la croissance potentielle générée et d’évaluer le degré de cohérence (d’alignement) d’un projet par rapport à une orientation donnée, alors autant augmenter l’assiette financière de ces pôles. S’ils ne maitrisent pas ces processus, alors autant arrêter leur démarche et abandonner toute aide à ces pôles.

Quels projets ?

On a les projets que l’on mérite. Cette boutade nous renvoie vers l’un des problèmes les plus importants de notre pays,
son déficit de formation et de qualification, qui ne permet pas de « fabriquer bien » comme l’Allemagne, de « fabriquer beaucoup » comme certains pays émergents (y compris en Europe Centrale et de l’Est), de se spécialiser dans les services à haute valeur ajoutée (comme la Grande Bretagne). Quel que soit notre capacité d’innovation et son efficacité, le résultat n’est pas « récupérable » en totalité pour l’économe nationale du fait de ce déficit.

Les premiers projets à sélectionner sont donc essentiellement centrés sur l’éducation et la formation, afin de
« remettre à niveau » la capacité de notre économie de produire efficacement biens et services. Comme ceci doit être réalisé en masse et durablement (puisque cette adaptation de notre appareil de production en biens et services devra évoluer dans le temps) il faudra envisager de recourir à des technologies de masse de diffusion de l’information et de la connaissance e ce à des coûts abordables. Seules les TIC permettront cette approche, tant dans les matières enseignées, que dans les outils d’enseignement. Les campus numériques, les lycées numériques devront se généraliser, sans parler des enseignements et des enseignants.

Ceci aura un effet multiple : provoquer une démarche d’innovation dans les TIC, qui a son tour provoquera une démarche d’innovation dans l’outillage pédagogique, qui a son tour provoquera les gains de productivité et de croissance attendus. L’effet sera même amplifié et amplificateur bien au-delà, puisqu’il
y a fort à parier que les technologies mises en œuvre relèveront de l’Internet du Futur et donc seront très probablement utilisables dans d’autres thématiques. Les seuls freins perceptibles à cette initiative seront les freins sociaux (des enseignants et des enseignés). On ne peut pas rester dans les schémas du siècle dernier pour préparer la croissance de ce siècle. Toute autre approche laissera au mieux une croissance inférieure de 1 à 2 points à la croissance souhaitée (3 à 5%), puisque les déficits persistants de formation et de qualification ne permettront pas d’atteindre ce niveau.

Faire de l’économie numérique un projet de croissance, n’a de sens que si cette économie numérique passe d’abord par un effort sans précédent de « numérisation » de la formation et de la qualification, pour une diffusion de masse du savoir et de la connaissance, en rapport avec ce qui se pratique chaque jour d’avantage dans l’utilisation domestique, individuelle et collective d’Internet.

lundi 2 novembre 2009

il n’y a pas de petite économie




En ces temps où l’économie domine le monde, quelques interrogations peuvent nous aider à mieux comprendre ces phénomènes. Comment l’économie nationale pourra-t-elle résister à la « faillite » annoncée ? Les pays émergents seront-ils les nouveaux moteurs de l’économie ? Qu’est-ce qui change dans nos habitudes de consommation et qui modifie les équilibres économiques en profondeur ? … .




Les habitudes de consommation : ça bouge




Premier constat, la consommation a triplé en 50 ans (hausse moyenne des dépenses de 2,3% l’an) suivant naturellement l’évolution des revenus. La répartition des dépenses dans le budget des ménages a été modifiée, les dépenses d’alimentation et d’habillement ayant fortement diminué (respectivement -34% et -36% en poids passant de 38% à 25% pour l’alimentation et de 14% à 9% pour l’habillement) – phénomène de saturation -, alors que les dépenses de communication, loisirs et culture ont augmenté de 60% en poids, passant de 10% des dépenses à 16%. Dans le même temps (1960 – 2007) l’évolution annuelle en volume par habitant a été en moyenne de 2,5% et en prix de 4,5% alors que pour les services de communication, loisirs et culture cette même variation a été de 4,6 en volume et de 3,6 en prix. Autrement dit, mis à part le domaine de la santé (en très forte croissance) les services de communication, loisirs et culture ont « tirer » l’économie en volume tout en assumant simultanément une décroissance relative des prix.

Les transports sont dans une situation différente, voyant un très forte croissance en poids (64%, passant de 11% des dépenses à 18%) mais avec une évolution en volume plus modeste (3%) et une évolution en prix plus élevée (5,1%).

Autre manière d’exprimer cette constatation, les dépenses « contraintes » (logement, transport) augmentent beaucoup plus vite en prix qu’en volume, alors que les dépenses « libres » voient au contraire une augmentation en volume, entraînant à son tour une diminution relative des prix.







Autre conclusion de cette étude de l’INSEE : la part des services (y compris les loyers) dans la dépenses des ménages va croissante, passant de 30% à 50%, les biens manufacturés quant à eux passant de 30% à 25% et la part de l’énergie « tant quasi constante à 7-8% sur cette période.

Le secteur « naturel » du pôle Images & Réseaux est donc en forte croissance, ne connaît pas de phénomène de saturation

(tout au moins au niveau des services de communication, de loisirs et culture, les équipement eux-mêmes, notamment l’électronique grand public pouvant connaître ces phénomènes – malgré le multi-équipement possible des ménages, possédant plusieurs téléphones, plusieurs lignes, plusieurs téléviseurs, plusieurs ordinateurs) et peut encore jouer sur un triple moteur : croissance des dépenses, baisse des prix sur les marchés domestiques, demande mondiale tirée par les pays émergents.

Or, en période de crise, les habitudes changent et encore plus vite, les nouveaux arbitrages s’imposant avec encore plus de vigueur et encore plus rapidement. Il y a fort à parier que les changements observés sur la période 1960-2007 vont continuer et qu’il sera important d’observer les nouvelles tendances pour comprendre un monde qui bouge encore plus vite encore plus intensément.







Pays émergents : moteurs de l’économie ?




Le CPE (Centre de Prévision de l’Expansion), dans un excellent article du numéro d’octobre 2009, revient sur l’effet d’entrainement escompté de la croissance dans les pays émergents. SI la croissance en rythme annuel de ces pays (notamment Chine et Inde) est de l’ordre de 8 à 12%, si celle des pays d’Amérique Latine s’est stabilisée, les causes en

sont essentiellement dues aux investissements publics et à la consommation des ménages.

Or les exportations occidentales sont pour l’essentiel le fait du marché des entreprises. Les besoins des consommateurs locaux sont en effet pourvus par les producteurs locaux (y compris les filiales locales des grands groupes). La seule exception concerne les matières premières, puisque les pays émergents génèrent 70% de la demande mondiale en métaux et 60% de la demande en produits alimentaires.

En conséquence on peut retenir :

* la croissance des pays émergents, conséquence de leurs politiques budgétaires et monétaires est revenue à un niveau comparable à celui d’avant la crise,

* l’augmentation de la productivité et des salaires, génère une forte demande locale en produits de consommation,

* la demande locale est très fortement satisfaite par la production locale, incitant probablement à une nouvelle vague de délocalisation (automobile par exemple) – Le CPE estime que la France pourrait perdre jusqu’à 5 à 6% de ses emplois du fait de la crise.

* les biens industriels, principaux contributeurs à l’exportation en provenance des pays développés ne sont pas encore concernés par cette reprise,

* la demande en matières premières va probablement générer une hausse des prix (probablement accentuée par une hausse spéculative), qui elle-même va engendrer un retour de tendances inflationnistes (autour de 1% dès la fin de 2009).

* les investissements internationaux, attirés par le dynamisme des pays émergents, obligeront les pays développés à proposer des taux attractifs pour attirer les capitaux en acceptant simultanément une charge de la dette accrue pour les entreprises et les états.




Ces tendances macro-économiques, laisseront cependant la place à une réponse géographique ou sectorielle différenciée, comme le laissait à penser la carte publiée en août 2009 par Les Echos (source Bloomberg).

Malheureusement dans les secteurs « naturels » du pôle Images & Réseaux, la tendance est déjà à une production très extérieure à l’Europe. Restera à notre continent l’innovation (tant technologique que marketing), l’économie immatérielle, dont les services et les contenus (les industries créatives).

Dans un article très récent, The Economist nous indique que selon la Banque Mondiale un supplément de 10 téléphones mobiles pour 100 personnes permet une croissance de 0,8% du PIB. Il y aura donc un double effet pour certains pays : la croissance des systèmes de télécommunications avec les mobiles et la croissance induite du PIB. Cependant les acteurs asiatiques prennent rang (Huawei et ZTE, respectivement en 4ième et 8ième position des équipementiers dans le monde).






Les voies du rétablissement :




La dette publique française représentait (mais elle augmente) environ 77% de la richesse produite en 2009. A ce rythme elle atteindra 100% en 2017 et 200% en 2040. Ramener cette dette à 60% du PIB d’ici à 2017, reviendra à récupérer environ 500 G€ en 8 ans dans l’hypothèse de taux de croissance et d’inflation observés sur longue période (chiffres calculés par Aurel-BCG et corroborés par le Centre de Prévision de l’Expansion).

Quatre leviers pour résoudre cette équation, quatre leviers à actionner simultanément :



* Levier 1 : favoriser la croissance (gain estimé de 100 à 250 G€),

* Levier 2 : augmenter les impôts (gain estimé à 120 à 250 G€),

* Levier 3 : diminuer les dépenses (gain estimé à 80 à 200 G€),

* Levier 4 : laisser filer l’inflation (gain possible jusqu’à 340 G€).




Une toute première conséquence s’impose : c’est bien sur les 4 leviers qu’il faut jouer, aucun d’entre eux, pris seul, ne pourra sans risque et sans aléa suffire.

Inflation : instrument délicat avec la politique « monétaire » de la BCE.la remontée des taux qui pourrait suivre allant à l’encontre de l’allègement du poids de la dette. Mécaniquement la pression sur les matières premières (notamment en provenance des pays émergents) va contribuer à une hausse des prix, favorisant la montée de l’inflation. « Laisser filer » l’inflation peut être une mesure à court moyen terme, mais qui devra être payé sur le long terme (autrement dit on reporte dans le temps).

Dépenses : instrument d’autant plus facile à mettre en œuvre que les sources de gaspillage sont innombrables, que les sources de productivité aussi et que les concitoyens y sont prêts. Cependant les pressions corporatistes vont être nombreuses et intenses, les sources de gaspillage et de productivité étant, semble-t-il, d’autant plus nombreuses que le statut est protégé. Il est tout aussi évident que le « millefeuilles » est à la fois source de dépenses et source de rigidité. La réforme territoriale est alors indispensable (et peut-être même en préalable).

Impôts : réduction des niches fiscales, augmentation de la fiscalité directe (qui diminue depuis 10 ans), augmentation de quelques points les impôts établis sur une assiette large et payés par le plus grand nombre (CSG et autres contributions sociales), … l’imagination ne manque pas. Le courage … .

Croissance : logique de relance, grand emprunt, sélectivité des choix de projets, … sont d’éternelles questions mais qui doivent être prises en compte. Une croissance à 3% (soit 1 point de plus que la croissance sur une longue période) rapporterait 175 G€, soit 1/3 du chemin à parcourir et probablement à moindres contraintes sociales et/ou politiques. La révolution Internet n’est pas terminée, la révolution verte n’est qu’à peine ébauchée. La croissance ne se décrète peut-être pas mais elle se prépare (éducation, formation), surtout dans un pays qui souffre d’un grand déficit de qualité de formation et donc de compétences.



C’est bien dans ce domaine que le pôle Images & Réseaux doit jouer son rôle à effet multiple : investissement de R&D porteur de croissance, porteur de gain de productivité, porteur de formation. Si l’idée est retenue, l’enfer sera dans l’exécution, notamment en termes d’agilité, où lorsque pour un même projet il y a autant de dossiers que d’intervenants et ce pour chacun des financeurs, qu’à la logique de projet se substitue la logique d’entreprise.

Il faut que le pôle Images & Réseaux s’insère dans tous les grands projets pour offrir à ses acteurs toutes les possibilités d’investir, pour la croissance de demain.

Restez avec nous ...

Restez avec nous …


Restez avec nous …, cette petite phrase que l’on entend à longueur de journée sur les ondes ou dans les émissions de télévision reflète un peu ce qui se passe dans notre monde en crise … de fidélité.
D’un côté les produits et les services se multiplient indéfiniment, offrant pour chaque type de produits ou de services pléthore d’alternatives, pour chaque contenu médiatique bon nombre de répliques sous différents formats et sur différents supports. La numérisation offre d’ailleurs des coûts de production et surtout de reproduction très bas, facilitant ainsi la diffusion multi-support, multimédia de tous les contenus créés.
Là fragmentation de l’offre qui en résulte (résultant à la fois de cette multiplication de l’offre et d’une segmentation de plus en plus fine) entraînant à son tour un démembrement de l’offre – unbundling -.


D’un autre côté, l’ultime phase de l’individualisme réclame une plus grande liberté de choix, une programmation à la demande, une personnalisation des produits et des services, qui fera préférer une télévision à la demande, une télévision de rattrapage, une programmation dans le temps et dans l’espace, le Web « choisi » plutôt que le programme de flux linéaire, … etc.
Le zapping est un mode de consommation. Restez avec nous … en est la parade (illusoire et incantatoire).
Bien sûr il faut conquérir de nouveaux clients, mieux il faut les fidéliser. Les marques l’ont bien compris puisque certaines d’entre elles cherchent maintenant l’accès direct à leur clientèle en s’affranchissant (partiellement) de l’intermédiation – les auditeurs, spectateurs, téléspectateurs, lecteurs, … restent le fait du média et non pas accessibles directement à l’annonceur.


On constate que la « fidélité » est une valeur importante puisque fragile. Des études récentes montrent des exemples de cette fragilité. Le taux de fidélité de Twitter est inférieur à 40%, bien inférieur à ceux de ces plus proches rivaux (les taux de fidélité de Facebook et My Space sont eux proches de 60%).
Or les courbes traduisant le taux d’atteinte par Internet en fonction du taux de rétention montrent que dans le cas cité (taux de rétention de 40%) le taux d’atteinte est de l’ordre de 10%, soit 2.5 fois moins que pour Facebook et MySpace. Le beau score de Twitter part en fumée. Nombreux mais infidèles. Pire le segment habituels des « early adopters » pour les réseaux sociaux (les 18-24 ans) ne portent pas Twitter. Ce sont les 25-54 ans qui sont le segment porteur. Comme le segment 18-24 ans « prépare » le segment suivant (24-54 ans) où est le germe de la croissance ?


D’un côté, la hantise de la fidélité, de l’autre une offre de produits et de services pléthorique incitant au caractère volage et enfin un souhait d’accès au choix (au contenu voulu, au moment voulu et à l’endroit voulu).
Dans un système « fermé » où seuls quelques acteurs (parfois en situation d’hégémonie) imposent leur mode de consommation, l’arrivée d’un nouvel entrant ne peut pas se justifier par « Restez avec nous », au risque de développer le même réflexe chez le nouvel entrant (Restez avec le nouvel entrant). Ainsi chaque nouvel entrant provoque la rupture qui va favoriser un phénomène «d’itinérance », phénomène qui se retournera contre lui (effet boomerang).

samedi 5 septembre 2009

Global Smart Phone Shipments Rise 28%









Global smart phone shipments rise 28%
- Nokia retains lead, but Apple moves into number two position
Reading (UK) - Thursday, 6 November 2008


vendredi 24 juillet 2009

Smartphones

Internet mobile : les smartphones font la course en tête




Des études récentes mettent en évidence le rôle prépondérant des smartphones traits d’union très efficaces entre le monde du mobile et le monde de l’Internet. Les tentatives précédentes avaient connu au mieux un demi-succès (PC portable équipés d’une connexion WiFi) au pire un échec (WAP). Trois évolutions majeures sont venues chambouler le paysage :
  • les cartes puis les clés 3G, augmentant considérablement l’accès des PC nomades à l’Internet (Internet EveryWhere – nom d’un service offert par l’un des acteurs).
  • les smartphones offrant tout à la fois l’accès à des services Internet (email, …), à des applications diverses et principalement ludiques (application store), ainsi que des services propres au public visé (fonctions baladeur MP3 par exemple) et des fonctions téléphoniques et/ou de messagerie.
  • les netbooks (munis ou équipés de clé 3G) réunissant les deux sans les fonctions téléphoniques en général.

La liaison équipement-services-contenus est devenue primordiale (d’autant plus qu’une grande partie des offres disponibles est en mode « fermé » autour d’un standard propriétaire tout au long de la chaîne de la valeur).
Les uns (les internautes) veulent rester connectés tout en gagnant en mobilité, les autres (les mobinautes) veulent également restés connectés, mobile tout en gagnant en fonctionnalités, en services et en contenus.
Le paysage est d’autant plus intéressant qu’il est paradoxal, mettant en évidence d’une
part la prépondérance des services et d’autres part le succès du mode payant.
Plusieurs articles nous mettent la puce à l’oreille :
  • ZDNet.fr qui montre que les plus fortes rentabilités dépendent des parts de marchés (Nokia) lorsque tous les segments de marché sont abordés OU de la valeur ajoutée notamment en termes de services (Apple, RIM) indépendamment de la part de marché lorsque seul le segment des smartphone est abordé. Comme cette tendance se confirme, l’inversion des modèles économiques n’est pas loin.
  • Wall Street Journal qui montre qu’avec 3% du marché des mobiles à eux deux, Apple et RIM partages 35% des profits opérationnels en 2008, chiffres qui passeraient en 2009 à 5% et 58%.
  • Canalys qui montre la fantastique progression de RIM et d’Apple qui passent à eux deux de 14,2% du marché des smartphones au 3ième trimestre 2007 à 32,5% au 3ième trimestre 2008 au détriment de Nokia, qui lui passe de 51,4% à 38,9% sur la même période.
  • Admob qui précise le paysage en termes de systèmes d’exploitation et d’usage sur Internet.
  • Gartner qui montre que le marché des smartphones est encore très minoritaire (1 smartphone pour 7,4 téléphones mobiles vendus au 1T09). Il est probable qu’en termes de chiffre d’affaire cette dissymétrie s’estompe.


Que faut-il en déduire ? Que l’offre payante de services et de contenus est possible sur des terminaux dont le prix est élevé, que cette offre doit être riche et que le rapprochement d’Internet et de la mobilité n’est pas toujours synonyme de destruction de valeur par les modèles gratuits « importés » du monde Internet.
L’arrivée sur le marché de terminaux dont le prix de revient serait de l’ordre de 30 à 50% de celui des modèles de RIM ou d’Apple ne résout pas le problème puisqu’une grande partie du
succès résidera dans la panoplie de services et de contenus et qu’il appartiendra alors aux
portails de combler ce vide. Or jusqu’à ce jour les portails capables d’offrir le niveau de services ou de contenus comparables à ceux offerts par Apple et RIM ne sont pas légions.








Mobiles : RIM et Apple sont les plus rentables du secteur


Business - Malgré une part de marché globale faible, les deux fabricants surfent sur le succès des smartphones, générateurs de fortes marges.


Quel est le fabricant de mobile le plus rentable du marché ? A cette question, beaucoup
répondrait Nokia, incontestable numéro un mondial.
Ils n'auraient pas vraiment tort : avec une part de marché de plus de 45% en 2008, le finlandais s'est accaparé 55% des bénéfices du secteur.
58% des profits en 2009 ?
Mais la performance du géant n'est rien par rapport à celle réalisée par Apple et RIM (le fabricant des BlackBerry). En effet, selon une analyse de la Deutsche Bank relayée par le Wall Street Journal, ces deux fabricants génèrent le plus de marges malgré une part de marché globale ne dépassant pas les 3%.


Concrètement, les deux géants nord-américains trustent à eux seuls plus de 35% des profits réalisés dans le secteur. Apple a lui seul détient une part de marché mondiale de 1% mais génère 20% des bénéfices globaux. Et toujours selon l'étude, cette part pourrait grimper à 58% cette année.






Apple, RIM Outsmart Phone Market



No wonder they are called smart phones. Not only can these fancy phones send email, get directions and play music, they can generate huge profits for their makers.

















At least for iPhone's manufacturer Apple and BlackBerry's Research In Motion. The two accounted for only 3% of all cellphones sold in the world last year but 35% of operating profits, according to Deutsche Bank analyst Brian Modoff. The disparity will become even starker this year when, he estimates, the two will take 5% of the market in unit terms but 58% of total operating profits.


The two companies' outsize share of profits underlines the shift in the wireless industry toward feature-rich devices accenting easy-to-use software and away from an emphasis on hardware. Smart phones account for only about 13% of total cellphone sales globally, but the segment is growing, despite a drop in the broader cellphone market. Apple and RIM had about 32% of the smart-phone market between them in the first quarter, estimates IDC.


Underlying the winners-take-all nature of the market are fat subsidies from phone carriers, particularly in the U.S., which lets manufacturers maintain hefty average selling prices even as consumers pay as little as $100 a smart phone -- not much more than for many basic phones. The higher subsidies reflect the carriers' ability to charge higher monthly plan prices for phones that can easily surf the Web or handle email.


The iPhone, which is exclusive to AT&T and whose users are the heaviest Web surfers, draws the fattest subsidy, at about $400 a phone, Mr. Modoff calculates. BlackBerries draw subsidies averaging $200 from U.S. operators. Basic cellphones get a $100 subsidy.


Manufacturers of basic phones make virtually nothing, unless they have enormous scale. Nokia, the industry leader, manufactured 46% of the units sold last year but earned 55% of the profits, Mr. Modoff calculated.


Even Nokia is hurting. It long has been the top smart-phone maker, but its share in that market has been declining. It reported a 66% drop in quarterly profits on Thursday. Some manufactuers like Nokia have seen their share slip, others have cut prices to preserve volume, and others are operating at a loss. Also suffering was Sony Ericsson, a joint venture of Sony Corp. and Telefon AB L.M. Ericsson, which posted its fourth quarterly loss on Thursday.


Both Apple and RIM have advantages with segments of the market that will make them tough to beat. The iPhone boasts thousands of consumer applications churned out by outside developers, while BlackBerry's email service is popular for its efficiency and security.


That hasn't stopped others from trying to jump in. Smart-phone pioneer Palm Inc., once counted out of the race, is getting attention for its new Pre device. But it is unclear how many developers will leap to write programs for a phone with limited distribution.


All this portends badly for computer companies trying to break into the cellphone market, like Acer or Dell. They will need to tout their scale, production prowess and slim margins to gain a foothold.

vendredi 22 mai 2009

TUI


Dans le numéro de mai 2009 Enjeux – Les Echos titre « Pourquoi le tactile s’imposera » sans point d’interrogation ce qui en dit long sur la certitude avec laquelle ce nouveau type d’interaction va s’imposer.
Les TUI (Touch User Interface) font l’objet de bon nombre de recherches (Microsoft avec surface, Windows 7 et Silverlight, Apple, Facebook, …). Enjeux-Les Echos cite la « bande passante interactionnelle exceptionnelle de la main » qui avec 5 doigts donne 21 degrés de liberté. Faire le point sur les TUI devient nécessaire.

Both DisplaySearch(1) and iSuppli(2) report that the touchscreen market is forecasted for double-digit growth over the next three years. DisplaySearch's May 2008 report forecasts gro with between 2008 and 2015 at 12 percent increase in unit sales and a 20 percent increase in revenue. iSuppli's May 2008 report forecasts growth between 2008 and 2012 at 25 percent increase in units and 17 percent when it comes to revenue. Primary market drivers accelerating this growth include reduction of labor costs through customer self-service and the availability of new user interfaces that utilize touch technology.

Touch Screen Market to Reach $3.3 Billion by 2015

A new report from DisplaySearch says that the touch panel market is on track to grow to $3.3 million and 660 million units by 2015.
The iPhone demonstrated how multi-touch technology is enabling a new generation of user interfaces," explains Chris Crotty, Direc
tor of Small and Medium Displays Research at DisplaySearch. Crotty adds, "High volume mobile phone shipments will drive down the cost of touch technology and thereby enable it to spread more rapidly into other devices such as portable media players, digital cameras and others." In a market historically dominated by so-called resistive touch technology, AppleÃ's iPhone uses a different technology called projected capacitance that enabled the multi-touch functionality that had been lacking in resistive-based touch panels. Projected capacitance is one of about a dozen technologies vying for market






dominance.
Each technology has advantages and drawbacks. Some, like resistive touch technology, have been available for many years while others, like digital waveguide, are relative newcomers improving on previous generations. Key display suppliers, like Sharp and TMDisplay, are scrambling to develop so-called in-cell optical touch technology that embeds photo sensors directly into LCDs. By integrating the touch function directly into an LCD, display suppliers hope to capture a larger share of available revenue. Currently, touch panels feature separate panels or sensors placed on top of or around the actual display.

Other key findings from the report include
  • Mobile phones will account for 34% and 21% of all touch panel shipments and revenues, respectively, during the forecast period. Shipments of touch enabled mobile phones will reach 223 million units by 2015.
  • Despite the emergence of competing technologies, resistive touch solutions will retain 86% share of shipments during the forecast period. However, resistive revenue share will drop from 78% in 2007 to 64% in 2015.
  • The overall average selling price of touch panels will actually increase nearly 8% between 2007 and 2015. In many applications, increases in panel sizes and functionality mix will offset price declines for older panels.


Touchscreen expected to be adopted by 20% of handsets in 2009

The touchscreen market has a huge potintial for growth, spurring a flood of competition, technologies and OEM interest, concluded the report "Touch Screens:
The Right Touch for High Growth" by Jennifer Colegrove, iSuppli Corp. senior analyst for emerging displays.
The report predicted global shipment revenue for the leading touchscreen technologies will rise to Rs.17,370.49 crore ($4.4 billion) by 2012, up from Rs.9,474.81 crore ($2.4 billion) in 2006 (see Figure).





"Catalyzed by Apple Inc.’s iPhone, sales of touchscreens using projected-capacitive technology are growing dramatically," said Colegrove. "Projected-capacitive touchscreen technology is more durable and has better transmittance than the more commonly used resistive technology. More touchscreen manufacturers are developing and commercialising this type of screen. Furthermore, the average pricing gap between the capacitive and resistive display types is dwindling, making the technology more attractive."




Touch-Screen Shipments Expected to Reach 833 Million by 2013

Spurred by the popularity of Apple's iPhone and its elegant user interface, global shipments of touch-screen display modules are expected to more than double from 2008 to 2012, according to iSuppli.
The worldwide market for touch-screen modules will amount to 341 million units and $3.4 billion in value in 2008. iSuppli forecasts that the market will grow to 833 million units by 2013, expanding at Compound Annual Growth Rate (CAGR) of 19.5 percent from 2008, according to iSuppliÃ's new forecast issued this week. Global touch-screen module revenue is forecast to grow to $6.4 billion by 2013, rising at a CAGR of 13.7 percent from 2008.