Posséder, inventer ou produire
On a reproché à l’industrie française un défaut de positionnement, notamment à l’exportation où face à l’excellence allemande les produits de nos industries faisaient pâle figure. Entre un pays qui produit « bien » (l’Allemagne, 1er exportateur mondial), un pays qui produit « beaucoup » (la Chine, 2ième exportateur mondial) et un pays qui possède des ressources énergétiques (l’Arabie Saoudite, 3ième exportateur mondial), les places sont chères et ne correspondent pas au profil français.
Face à ce modèle (produire bien ou beaucoup ou des matières premières énergétiques pour exporter) on aurait pu opposer un autre modèle : innover pour croître, sachant que pour croître il faut innover et exporter. Ce modèle est celui des U.S.A. pour les NTIC, où la prédominance américaine sur ces technologies en fait de loin le 1er mondial en termes de publications scientifiques, d’impact de ces publications, de dépôts de brevets, … . Là encore le modèle ne s’applique guère à notre pays où le déficit est encore plus criant entre le classement mondial des budgets de R&D (7ième position) et le classement de nos établissements d’enseignement supérieur (25-30ième position) voire les indices composites d’innovation (25-30ième position), relevant ainsi le fossé qui peut exister entre la recherche et l’innovation (valorisation de la recherche).
Par ailleurs il convient de faire remarquer que le marché des NTIC étant « petit » (5% du PIB mondial), la prédominance dans ce marchéne confère pas un avantage concurrentiel certain. Elle dénoter une certaine avance, qui pour les TIC peuvent se traduire par des gains de productivité ou de qualité dans d’autres secteurs d’activité et donc leur servir de levier, voire même dans le secteur des services, qui connaît aujourd’hui une « industrialisation » de ses processus.
Les modèles
Le modèle industriel des U.S.A de la dominance par les nouvelles technologies et d'être la référence mondiale de l'innovation technologique et de l'usage de ces technologies, n'est pas viable.
Quelques autres pays partagent des niches technologiques (Japon, Corée, pays scandinaves). L'une des raisons en est que l'ensemble des ces marchés est trop petit (voir Digiworld 2009). En particulier ce modèle ne préserve pas le plein emploi et crée un pays à 2 vitesses (ceux qui participe à ce modèle – 5 à 10% de la population - et ceux qui n'y participe pas).
Le modèle chinois de la croissance par le marché domestique (très récent puisqu'il fallait d'abord "amorcer" par un modèle productif permettant d'enrichir progressivement une part de plus en plus importante de la population, notamment faire émerger les classes moyennes) ne suffit pas, puisque les gains de productivité nécessaires ne sont pas accessibles sans une capacité de R&D et d'innovation, que la Chine vise mais qui est encore loin (4OG$ pour la Chine contre 400
G$ pour les U.S.A).
Et l'Europe dans tout cela? Ni à la frontière technologique, ni suffisamment marché de masse pour être en situation d'auto-croissance. L'Europe dispose cependant d'atouts:
- des niches technologiques où elle peut être clairement leader (nucléaire, aéronautique, ferroviaire)*,
- une capacité commerciale, notamment à l'exportation,
- une capacité de marché (croissance des marchés domestiques) avec les pays d'ECE,
- une capacité financière stable et ne recourant pas massivement à l'endettement.
- une capacité industrielle très large (produits à très haute valeur ajoutée dans l'EO et l'EN, capacité de production dans les pays de l'ECE).
La prédominance de l’état dans les grands programmes d’infrastructure a donné à notre pays un avantage concurrentiel certain sur les grands équipements (train, avion, centrales de production thermonucléaire, réseaux de production d’eaux, grands ouvrages, …).Ces secteurs sont néanmoins sortis du giron de l’état dans un certain nombre de pays, ce qui rend plus complexe les négociations d’état à état dans ces domaines (sauf dans les pays en voie de développement, qui ne sont pas les plus grands investisseurs puisque très dépendants en cette matière des pays financeurs qui eux vont « pousser » leur industrie nationale).
Sur l’ensemble de cette vue macro-économique, le profil français n’est pas optimal. Nous sommes forts, là où la force ne sert pas à grand-chose et nous sommes faibles là où les faiblesses sont rédhibitoires.

Numéro 1 européen et n° 2 mondial, avec 33 usines et 7 centres de R&D et D&D :



L'Europe fait de l'internaute un expert en innovation.
Afin que les citoyens européens puissent influencer la préparation du plan d'innovation européen, la Commission les invite à partager et débattre avec un panel d'experts sur le blog "innovation unlimited".
"L'Europe doit créer une société de l'innovation où la connaissance est utilisée rapidement et de manière incisive pour le bénéfice et le développement sociétal". Voilà ce qu'écrit le panel d'experts*, chargé de mettre en place une Europe plus innovante par la direction générale des entreprises et de l'industrie de la Commission européenne. Et selon cette dernière, le meilleur moyen d'y parvenir, est de faire appel aux citoyens : elle lance le blog "innovation unlimited", qui invite les individus à critiquer, voter et partager leur vision sur les fondements du futur plan d'innovation européen. Le blog, basé sur la question "pourquoi réinventer l'Europe par l'innovation", est orienté autour de cinq pivots. Le premier est consacré à la nécessité d'étendre le concept d'innovation, c'est-à-dire d'avoir un retour sur investissement qui influe directement sur la société.
Une réflexion en cinq points
Le deuxième tourne autour de l'investissement dans les futures infrastructures, ou comment intégrer les nouveaux projets à l'économie réelle. Le troisième pose le problème des modèles de financement innovants. Soit comment créer un modèle adapté à l'innovation. Quatrièmement : le point est mis sur les nouveaux lieux permettant de nouveaux types de collaboration. C'est-à-dire comment sortir les projets des laboratoires. Enfin, la vitesse et la synchronisation sont abordées, ou comment améliorer la compétitivité du modèle européen. Pour chaque thème, les experts ont édité leurs recommandations, et attendent les réactions des internautes. Ils préconisent ainsi d'installer la fibre optique dans chaque foyer, entreprise et bâtiment public. Une condition indispensable selon eux pour que les citoyens puissent tous accéder au haut débit.
Des éléments clés isolés
Autre source de débat : la distribution électrique en Europe. Les experts estiment que l'Europe doit être "la première région à développer un réseau de distribution de l'électricité intelligent intégré et transfrontalier avec chaque foyer connecté, ainsi que des normes communes et une certaine interopérabilité". Les différentes manières de financer l'innovation sont également évoquées. Financement public, privé ou mixte alimentent les débats et sont un sujet de préoccupation pour les Européens. Les informations seront recueillies entre le 7 juillet et le 31 août. Elles seront utilisées par le panel afin de rédiger des recommandations concernant le plan d'innovation européen pour la Commission au début de l'automne.
- Le panel est composé de six leaders établis dans le domaine des affaires, du droit, de la gestion et du secteur bancaire de Cisco Internet Business Solutions Group, Kone Corporation, Next-Ingegneria dei Sistemi, Basf Aktiengesellschaft, CSOB Bank et de l'université de Göteborg.
Cette consultation, demande aux contributeurs de commenter, de noter, de faire des propositions sur 5 thèmes :
- Broaden the concept of innovation
- Speed and synchronization
- New places for new types of collaborations
- Innovative financing models
- Invest in future infrastructure
Cette consultation est ouverte jusqu’en septembre 2009, date à laquelle le groupe d’experts produira son rapport.


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