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jeudi 9 avril 2009

Internet mobile, télévision mobile , ... et quoi encore?


Les communications mobiles ont été parmi les vecteurs de la croissance pour les opérateurs de réseaux, qui voyant une saturation des services fixes pour les plus anciens, ont enfourché avec bonheur ces nouveaux gisements. Puisque la concurrence s’installait et à moindre coût (pour l’infrastructure et non pas pour le coût des licences), les nouveaux entrants étaient là, dont certains émanaient du monde des opérateurs (dans d’autres pays plus avancés).Les communications mobiles ont-elles mêmes été parfois à la source de diminution de parts de marché pour les opérateurs fixes, mais dans l’ensemble communications fixes, communications mobiles et Internet ont composé un paysage globalement en croissance.Aujourd’hui avec des marchés en maturité (en Europe certains marchés ont un taux de pénétration supérieurs à 100%), voire en saturation, les communications mobiles sont encore un gisement de croissance dans les pays en développement, pays pour lesquels les seules infrastructures qu’il est possible de déployer rapidement et à moindre coût est celle des communications mobiles. La sociologie des « mobilenautes » est fondamentalement différente des celles des « télénautes » et différentes de celle des Internautes.Il n’en fallait pas plus pour que la population des mobilenautes deviennent un nouvel eldorado : gisement de croissance dans les pays en développement avec qui de toute façon il va falloir commercer, gisement « potentiel » de croissance pour les services et enfin sociologie différente laissant deviner de nouvelles opportunités.

La télévision devient numérique, la fragmentation du marché (plusieurs dizaines voire centaines de chaînes de télévision) engendre une recomposition du paysage audiovisuel, la télévision avait perdu le marché des « jeunes » (15-25 ans notamment qui utilisent plus volontiers leur PC ou leur console de jeux que le flux télévisuel traditionnel taillé sur mesure pour la ménagère de 50 ans et plus), le marché de la télévision mobile pouvait naître.Par ailleurs la télévision se voit imposer des contraintes fortes (quota de production, …) auxquelles les télécommunications échappent.

Internet est un réel succès, notamment par le biais des offres triple-play. Cependant l’offre nécessite une infrastructure lourde (réseau cuivre ou réseau câble ou réseau fibre, set-top-box, …) et donc coûteuse. De plus les dispositions règlementaires, notamment en matière de mutualisation sont lourdes ou vont le devenir (créant probablement un effet retard important dans le déploiement de la fibre optique). Ce réel engouement est stoppé net par le nomadisme, la mobilité. La solution du WiFi (à bord de tous les PC portables ou presque) peine à se généraliser sauf dans des endroits bien particuliers (hôtels, gare de transports en commun, municipalités). De plus on assiste à un choc frontal entre l’habitude du modèle gratuit (faussement gratuit dans les modèles triple-play, mais indifférencié) des Internautes et du modèle payant (premium) des opérateurs. Ainsi est né le marché potentiel de l’Internet mobile, bien aidé il est vrai par l’apparition des smartphones (Blackberry dont la messagerie est gratuite entre les possesseurs de Blackberry et surtout iPhone).

Au-delà de la croyance persistante que le rapprochement de deux bonnes idées aboutit à une idée de génie, il convient d’analyser la réalité des situations en général. Ainsi la conjonction de deux marchés distincts n’est pas une évidence :
  • l’intersection de deux marchés potentiels peut être nulle, chacun des marchés découlant d’usages antinomiques, incompatibles ou tout simplement sans aucune corrélation (le téléphone brosse à dent est un exemple) ;

  • les exigences de l’un des marchés ne sont pas compatibles avec les contraintes (ou les limites) de l’autre ;

  • les dispositions réglementaires interdisent la conjonction des deux marchés.

Ainsi non seulement l’arbre des communications mobiles ne montera pas jusqu’au ciel, mais de plus il peut ne pas faire de branches vers d’autres cieux.

En effet que constate-t-on sur le plan de ces deux nouvelles branches ?

Télévision mobile :

On rencontre trois défis (ou verrous) importants :

  • problème de diversité des standards (au moins 4 standards – U.S.A avec Qualcom, Japon, Chine, Europe) qui feront qu’avec un même « récepteur » il n’est pas certain que l’on puisse recevoir des canaux de télévisions dans tous les pays, même parfois sur le même continent comme en Europe ou les choix ne sont pas homogènes entre les standards DVB-H, DVB-T ou DVB-SH également adoptés.
  • problème de disponibilité du spectre de fréquence.

  • problème du modèle économique (gratuit ou payant ou mixte), sachant que le coût d’infrastructure ne permet pas un modèle complètement gratuit.

  • taux d’insatisfaction important.

Ces trois défis justifient à eux seuls l’attentisme sur le sujet. S’ajoutent ou se superposent les problèmes liés aux droits audiovisuels et à ceux qui les détiennent (chaînes de télévision ou opérateurs de réseaux mobiles, les problèmes de format (format spécifique pour le mobile ou simple changement d’échelle), … .

Internet mobile:

Là encore les défis sont nombreux. :

  • services spécifiques pour les mobiles ou simples transpositions des services Internet.

  • standards « locking in1 » liés aux services pouvant conduire à une très grande fragmentation des services.

  • modèle économique où les contrastes sont très marqués entre le monde Internet plutôt habitué au modèle gratuit (en réalité payé par des tiers – publicité notamment -), et le monde des opérateurs de communications, plutôt habitué au modèle payant (premium).

  • fragmentation géographique où les pays asiatiques (notamment Japon et Corée) font figure de pionniers mais dont l’expérience n’est pas facilement transposable (cf. l’iMode dont les succès en dehors du Japon sont discrets).

  • taux d’insatisfaction important.

Là aussi l’attentisme est élevé, d’autant plus que l’écosystème de services n’est pas encore le fait des opérateurs de réseau mobile (à l’exception de ceux qui ont mis en place l’iMode).

L’internet mobile comme la télévision mobile ne seront pas des marchés « primordiaux » (au sens « premium » du terme). Les marchés primordiaux seront la télévision, l’Internet et la mobilité. Ils pourront être des marchés secondaires venant conforter le marché de la mobilité et celui d’internet pour l’Internet mobile où chaque population viendra y chercher de la continuité des services – continuité mobile pour les Internautes par exemple-, le marché de la mobilité et celui de la télévision pour la télévision mobile.




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1 Les services – téléchargements musicaux par exemple – s’accompagnent de véritables verrous rendant impossible l’interopérabilité.

Culture et Création sont indissociables

Création et culture sont indissociables. La culture n’est plus rien sans la création. La création n’est pas possible sans culture. La création est la naissance de nouvelles relations, de nouvelles interactions (nouvelle relation entre le corps et l’espace – scénique – dans le cas de danse, nouvelle relation entre les couleurs et les formes et l’émotion esthétique dans le cas de la peinture, …) Il y a donc un fort parallélisme entre culture et création (et innovation), qui sont toutes deux la recherche de ces nouvelles interactions (interaction des connaissances, improbable coïncidence, ….).

On peut y voir l’amorce d’un cercle vertueux entre culture, création et innovation. Ce cercle vertueux a été mis en évidence dans un rapport récent (Innovation et compétitivité des régions, Thierry Madiès & Jean Claude Prager – Conseil d’Analyse économiquE), où la corrélation entre croissance, compétitivité des territoires et capacité d’innovation, donc richesse culturelle (en général, éducation, …) est démontrée.

Autre traduction de ce cercle vertueux, le triptyque offre, demande et éducation (formation). Dans un territoire où la demande culturelle est forte (demande identitaire notamment), où l’offre culturelle est abondante et où la formation est disponible, les conditions de la compétitivité sont réunies. Certes les secteurs où s’exercera cette compétitivité restent fondamentaux mais les préalables sont en place (héritage culturel de la capacité de création et d’innovation).

On peut y voir un rôle particulier d’Internet. D’une part c’est le lieu de rencontre, d’échange, de relation, d’interaction par excellence, d’autre part c’est aussi le lieu où la (les) populations d’utilisateurs sont les plus jeunes (mais ceci n’est pas une constante et va évoluer vers les populations plus âgées) et enfin c’est le lieu où les biens culturels « numériques » s’échangent.

Il y a donc une conjonction favorable de facteurs qui va mettre en évidence cette dualité entre culture et création.

Selon les chiffres fournis par le SNEP, la téléphonie mobile représente 46% des revenus de la musique en ligne, le téléchargement Internet 32% et le streaming et les abonnements 22%. Ces mêmes revenus ont cru de 46% d’une année sur l’autre. Le cinéma en ligne a lui cru de 84%.

Pendant ce même temps les ventes physiques de musique voyaient une décroissance de plus de 16% et les ventes de DVD de plus de 7%.

Il s’agit bien d’une crise de l’industrie de la musique ou du cinéma et non pas d’une crise des industries créatives. La demande culturelle reste forte là où les modèles économiques sont défaillants.

Autre preuve de cet appétit sans défaillance pour la culture : 10 millions de visiteurs par an pour le site du Louvre (dont 3,9 millions pour les pages pratiques et 3,8 millions pour les notices sur les œuvres).

L’offre d’œuvres culturelles récentes n’a pas suivi la demande. L’une des traductions possibles de cette pénurie est une croissance démesurée des droits. L’autre traduction est un recours massif aux œuvres culturelles plus anciennes. Au-delà de l’effet de curiosité, les sites de l’INA et de la BNF en sont les témoins, où , dès leur lancement, ils ont été saturés.

Les industries créatives représentent un potentiel économique important en Europe en général et en France en particulier. Ce potentiel est amplifié par les ventes en ligne.






Peut-on faire un parallèle entre les industries créatives, le développement et la pénétration des médias numériques (infotainment) d’une part et entre les industries culturelles et la créativité (ou l’intensité d’innovation) d’autre part ?

Il semble que oui. Les biens culturels (l’empreinte culturelle) seraient en quelque sorte les catalyseurs de la créativité et par là même l’un des facteurs de l’innovation.

En réalité tout ceci a été permis par la formidable explosion de l’image numérique, qui a suivi de très près celle du son (musique) numérique ou le coût marginal de partage est quasi nul. Or ces « médias » sont les plus fertiles en émotions.

Il est particulièrement satisfaisant de constater que la disponibilité d’une édition numérique fait vendre plus d’édition réelle (par exemple : téléchargement musical et concert, par exemple site web du journal et édition papier, …).




L’une des explications possibles est celle habituellement évoquée pour les médias qui avant tout des « créateurs » de liens sociaux. A travers ces liens sociaux « amplifiés » par la disponibilité accrue (en temps, en volume, dans l’espace, … quel que soit le terminal) les interactions sont elles aussi amplifiées à la fois en qualité et en nombre. Ces interactions sont à leur tour génératrice de création et d’innovation.

L’un des inventeurs d’Internet déclare qu’avec 20% de la population mondiale « connectée » (1,2 milliard d’Internautes), il y a toujours une expérimentation, une nouvelle expérience, une interaction en cours quelque part, à chaque instant. Certes tous les internautes ne sont pas des « Leonard de Vinci », mais la probabilité d’accomplir une œuvre de création, ou tout au moins un début de commencement, « un pas vers » est beaucoup plus importante aujourd’hui que pour Leonard de Vinci de rencontrer un aller ego pour faire jaillir de cette interférence des connaissances une idée innovante.

Cette intelligence collective créatrice, compensera-t-elle l’immobilisme individuel ? La réponse est aujourd’hui connue, elle est positive, à condition toutefois de partir d’un acquis culturel suffisant, à la fois pour que le point de départ soit le meilleur possible et pour qu’il soit le plus partagé possible.

C’est en cela que culture, création et innovation son indissociables et interdépendants.