Nouvelles formes d’interaction, nouvelles formes de création
Les frontières des usages d’Internet bougent et provoquent des interrogations cruciales pour son avenir. Alors que la télévision « classique » semblait hors course, le déplacement de la télévision en ligne (Online TV) vers le poste de télévision (en lieu et place de l’écran d’ordinateur) grâce notamment aux nouvelles technologies de communication et de restitution (TVoIP, TV widgets, …), l’addition des écrans (et non pas comme on pouvait le craindre, la substitution de l’un à l’autre, et plus encore l’arrivée des opérateurs de services (de réseaux, d’accès, … ) sur le créneau des médias, tout cela entraîne une profonde modification dans les usages et donc dans la manière de créer, de produire, de publier.
L’interaction provoque un séisme dans les modes de production. La recherche est aujourd’hui le mode fondamental d’interaction. C’est la fonction rédactionnelle primordiale. C’est à partir de la recherche que se forge une ligne rédactionnelle, clé de voute de la fidélisation de l’audience à la marque, au média, elle-même clé de voute du modèle économique choisi (notamment lorsqu’il s’agit de valoriser cette audience).
Or devant une question précise, le moins que l’on puisse dire c’est que la réponse ne l’est pas. Les réponses sont d’autant plus pertinentes, que l’information recherchée est « entourée » de données d’accompagnement (métadonnées) qui permettent de préciser cette information. Or une partie de ces métadonnées provient des interactions « précédentes ».
Le cas est particulièrement évident dans les recommandations, où à la même question posée à deux moments différents, les réponses apportées peuvent être différentes en fonction des recommandations recueillies.
Pourtant devant les milliards d’informations disponibles, la pertinence est à ce prix. Il faut « compléter » l’information par ces métadonnées.
On en arrive donc à la conclusion que l’interaction participe à la création ou tout au moins à la publication. Dans le cas de sites d’innovation contributif, c’est encore plus vrai, puisque le produit (service) final va être mis au point, notamment grâce aux interactions des internautes « clients », « utilisateurs » ou tout simplement intéressés, concernés ou impliqués.
Les premiers « systèmes » concernés vont être les Interactive Program Guides (IPG) pour aider les téléspectateurs à s’y retrouver dans les myriades de films, concerts, évènements, rencontres sportives, … qu’ils pourront regarder. A cette première étape succéderont les Content and Service Discovery Guides (CSDGs), au fur et à mesure que les « contenus » Internet migreront vers la télévision ou vers des équipements vidéo.
Ces « systèmes » seront une réponse sectorielle aux moteurs de recherche. Là encore l’interaction sera en bonne place et trouvera son utilisation dans les recherches suivantes, qui pourront s’inspirer des réponses apportées dans des questions similaires ou s’inspirer des recommandations recueillies.
Au-delà de l’information « unitaire », la structuration des ces informations en savoir et en connaissance, fera appel encore à l’interaction, à la mise en relation entre ces informations. C’est déjà très vrai dans des sites coopératifs tels que les wikis où « une information en appelle une autre » afin d’être le plus exhaustif possible, exhaustivité synonyme parfois de neutralité et d’impartialité voire de « modération ».
Là encore interactivité et publication s’imbriquent. L’interactivité sera plus d’autant plus intense, que la création, la production, la publication en seront dépendantes. Comme l’intensité de l’interaction est elle-même amplifiée dans le temps (temps très court entre la production, la publication et les premières interactions) et par le nombre (plusieurs milliers à plusieurs centaines de milliers, voire millions de « visites ») l’ère du temps réel (qui plus est massivement temps réel) n’est pas loin.
Or les médias (presse, radio, télévision)en général ne sont pas (en permanence) dans ces modes de fonctionnement. Ils sont rarement « temps réel » (sauf dans les « directs » pour la radio et la télévision) et rarement « interactifs ». C’est là que les bouleversements vont être les plus intenses. Les nouveaux médias numériques vont certes avoir à reconvertir leurs outils de production et de diffusion, et c’est déjà un défi important mais ils vont aussi avoir à y intégrer l’interaction. Ce qui se passe à un bout de la chaîne devra se passer à l’autre bout (régies publicitaires, annonceurs).
Il y a donc bien une problématique spécifique aux médias, d’autant plus qu’à une (r)évolution technologique se superpose une (r)évolution des rapports avec leur audience, audience qui elle-même va voir des changements socioculturels importants (vieillissement de la population, immigration, …). Si les médias veulent rester ce qu’ils ont toujours été, des générateurs de liens sociaux, il faudra bien qu’ils entreprennent de maintenir ce qui constitue les liens (et l’interactivité est devenu un générateur essentiel) et ce qui constitue l’humus social (et Internet est devenu un « territoire »).
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dimanche 27 décembre 2009
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