
Que doit-on retenir en priorité :
- l’immense pouvoir de l’échange, de l’interaction : dès que parait la capacité d’échange et d’interaction, le choix s’oriente immédiatement vers cette capacité au détriment des modes de communication plus statiques. Ceci est particulièrement vrai pour les médias où dès qu’une voie s’ouvre pour « délinéariser » l’accès, cette voie est privilégiée. Certaines études font état d’une croissance de l’accès statique (lecture du journal ou de l’hebdomadaire papier) favorisé d’abord par un accès interactif. Font partie de cette « délinéarisation »
o la catch-up TV
o les blogs
o les forums
o les sites Web des journaux, des magazines
o les Web radios, les Web TV
o …
Cette interactivité s’accompagne de nouveaux modes publicitaires, de nouveaux instruments de mesure d’audience (en cours de définition et de développement pour la plupart), … qui vont tous dans le sens de l’individualisation, de la relation « personnelle ».
Juste retour du « prosumerism »1, la co-conception, la co-création viennent remonter la chaîne de la valeur en mettant en interaction le consommateur, pardon le client, au cœur du processus d’innovation.
- les médias (presse, radio, télévision) connaissent tous des bouleversements très importants du fait de la numérisation des contenus et des accès. Au-delà du support, des nouveaux usages apparaissent, y compris des usages qui mêlent intimement toutes des formes d’accès et toutes les formes de contenu. Certains médias sont désormais plus vus ou écoutés sur le Web que sur leur support d’origine.

- Les industries créatives (édition, musique, cinéma, vidéo) sont elles aussi fortement touchées par la numérisation des supports et des accès. Non seulement les filières subissent des changements importants affectant leur modèle économique (les ventes de musique « numérique » en très forte croissance ne compensent toujours pas la décroissance des ventes sur support physique) mais elles connaissent des modifications d’usages qui changent profondément les relations avec l’audience (concert « exclusivement » sur le Web avant la sortie des CD, DVD et autres téléchargements, concerts « live » et sur DVD, sans édition musicale de CD, ni téléchargements, …). Les rapports entre l’industrie créative, les médias, les opérateurs de services de communication deviennent extrêmement concurrentiels, notamment lorsqu’il s’agit de subvention à la création ou à la production d’œuvres.
- De nouvelles formes d’interaction ont vu le jour et ont désormais pris une position considérable dans la chaîne des loisirs. Les revenus des jeux vidéo sont depuis 2008 plus importants que ceux de la musique et du cinéma, ce qui démontre à l’envie la prépondérance de l’interaction sur l’accès « statique » ou sur le flux. À titre d’exemple on peut citer cette application fonctionnant sur « smartphone » qui permet de reconnaître (en étant connectée à un serveur via Internet) un morceau de musique, d’en afficher les références, la pochette et qui permet bien évidemment d’acheter un téléchargement de cette musique instantanément.

- Internet arrive aussi dans la vie quotidienne, hors loisirs. Les achats en ligne (les téléachats) progressent très vite au point de devenir le seul secteur en croissance lors des périodes phares de la consommation (fêtes de fin d’année, soldes). Cette croissance contribue à donner un poids de plus en plus important aux ventes en ligne, avec pour conséquence la remise en cause des plates-formes de VAD (Vente à Distance).
- À ces évolutions « socioculturelles » se superposent des évolutions tout aussi sensibles sur le plan des comportements d’achat et de consommation, où l’achat impulsif fait la place à un achat plus raisonné, à la fois sur le besoin couvert par cet achat, sur la hiérarchie des besoins et sur le choix entre plusieurs produits répondant au même besoin (notamment en ayant recours aux comparateurs, aux avis des internautes, aux recommandations. . L’arbitrage en faveur du prix devient prépondérant (sauf dans le cas des « marques » cependant), surtout si les fonctionnalités sont proches ou superflues. La notion de possession s’estompe au profit de la notion de « service rendu », privilégiant ainsi les fonctionnalités et éloignant la donnée « prix » synonyme de possession. Enfin dernière tendance lourde à signaler : le troc ou de commerce personnel.
- Toutes ces tendances témoignent d’un nouveau paysage de communication, d’échange, d’interaction où se recréent les liens sociaux quelque peu distendus par un égocentrisme forcené. On retrouve alors les deux dimensions qui nous régissent :
o la dimension « individuelle » qui fait du besoin de se singulariser au sein du groupe la seconde force de mouvement.


