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mardi 27 janvier 2009

Internet Nouveau Média, Nouvelle Galerie Marchande, Nouvelle Agora

Les études reflétant un changement profond dans les comportements sociaux se multiplient et toutes mettent en évidence le rôle central que joue Internet dans ces changements. Que ce soit dans les bouleversements que connaissent les médias, dans les évolutions du commerce en ligne, dans la multiplication des réseaux sociaux, toutes ces études démontrent dans le fond le renouvellement du lien social, via Internet.



Que doit-on retenir en priorité :
  • l’immense pouvoir de l’échange, de l’interaction : dès que parait la capacité d’échange et d’interaction, le choix s’oriente immédiatement vers cette capacité au détriment des modes de communication plus statiques. Ceci est particulièrement vrai pour les médias où dès qu’une voie s’ouvre pour « délinéariser » l’accès, cette voie est privilégiée. Certaines études font état d’une croissance de l’accès statique (lecture du journal ou de l’hebdomadaire papier) favorisé d’abord par un accès interactif. Font partie de cette « délinéarisation »
o la VoD
o la catch-up TV
o les blogs
o les forums
o les sites Web des journaux, des magazines
o les Web radios, les Web TV
o …

Cette interactivité s’accompagne de nouveaux modes publicitaires, de nouveaux instruments de mesure d’audience (en cours de définition et de développement pour la plupart), … qui vont tous dans le sens de l’individualisation, de la relation « personnelle ».
Juste retour du « prosumerism »1, la co-conception, la co-création viennent remonter la chaîne de la valeur en mettant en interaction le consommateur, pardon le client, au cœur du processus d’innovation.
  • les médias (presse, radio, télévision) connaissent tous des bouleversements très importants du fait de la numérisation des contenus et des accès. Au-delà du support, des nouveaux usages apparaissent, y compris des usages qui mêlent intimement toutes des formes d’accès et toutes les formes de contenu. Certains médias sont désormais plus vus ou écoutés sur le Web que sur leur support d’origine.
  • Les industries créatives (édition, musique, cinéma, vidéo) sont elles aussi fortement touchées par la numérisation des supports et des accès. Non seulement les filières subissent des changements importants affectant leur modèle économique (les ventes de musique « numérique » en très forte croissance ne compensent toujours pas la décroissance des ventes sur support physique) mais elles connaissent des modifications d’usages qui changent profondément les relations avec l’audience (concert « exclusivement » sur le Web avant la sortie des CD, DVD et autres téléchargements, concerts « live » et sur DVD, sans édition musicale de CD, ni téléchargements, …). Les rapports entre l’industrie créative, les médias, les opérateurs de services de communication deviennent extrêmement concurrentiels, notamment lorsqu’il s’agit de subvention à la création ou à la production d’œuvres.
  • De nouvelles formes d’interaction ont vu le jour et ont désormais pris une position considérable dans la chaîne des loisirs. Les revenus des jeux vidéo sont depuis 2008 plus importants que ceux de la musique et du cinéma, ce qui démontre à l’envie la prépondérance de l’interaction sur l’accès « statique » ou sur le flux. À titre d’exemple on peut citer cette application fonctionnant sur « smartphone » qui permet de reconnaître (en étant connectée à un serveur via Internet) un morceau de musique, d’en afficher les références, la pochette et qui permet bien évidemment d’acheter un téléchargement de cette musique instantanément.
  • Internet arrive aussi dans la vie quotidienne, hors loisirs. Les achats en ligne (les téléachats) progressent très vite au point de devenir le seul secteur en croissance lors des périodes phares de la consommation (fêtes de fin d’année, soldes). Cette croissance contribue à donner un poids de plus en plus important aux ventes en ligne, avec pour conséquence la remise en cause des plates-formes de VAD (Vente à Distance).
  • À ces évolutions « socioculturelles » se superposent des évolutions tout aussi sensibles sur le plan des comportements d’achat et de consommation, où l’achat impulsif fait la place à un achat plus raisonné, à la fois sur le besoin couvert par cet achat, sur la hiérarchie des besoins et sur le choix entre plusieurs produits répondant au même besoin (notamment en ayant recours aux comparateurs, aux avis des internautes, aux recommandations. . L’arbitrage en faveur du prix devient prépondérant (sauf dans le cas des « marques » cependant), surtout si les fonctionnalités sont proches ou superflues. La notion de possession s’estompe au profit de la notion de « service rendu », privilégiant ainsi les fonctionnalités et éloignant la donnée « prix » synonyme de possession. Enfin dernière tendance lourde à signaler : le troc ou de commerce personnel.
  • Toutes ces tendances témoignent d’un nouveau paysage de communication, d’échange, d’interaction où se recréent les liens sociaux quelque peu distendus par un égocentrisme forcené. On retrouve alors les deux dimensions qui nous régissent :
o la dimension « sociale » qui fait du besoin d’appartenance à un groupe, une communauté, ... une première force de mouvement.
o la dimension « individuelle » qui fait du besoin de se singulariser au sein du groupe la seconde force de mouvement.


Le Marché des Mobiles en 2008, perspectives 2009

Les téléphones mobiles ne représentent plus LE gisement de croissance du secteur des télécommunications. L’année 2008 a peut-être été le signe avant-coureur d’un changement profond de cette industrie.

  • d’une part la mobilité a été « partagée » puisque les « smartphones » grand public sont apparus (notamment avec l’iPhone, qui par ailleurs affiche plus de 1000 applications disponibles).

  • d’autre part les MID – Mobile Internet Devices – ont également commencé à faire parler d’eux.
  • puis les Netbooks dépassaient, semble-t-il, les objectifs les plus ambitieux de la fin d’année 2008.

  • enfin les « modèles « applicatifs (avec ANDOID notamment) voyaient les communautés de développeurs se multiplier.
Tout ceci pouvait faire penser à un signe précurseur d’une explosion de l’offre. Mais quelques indications plus négatives apparaissaient :

  • la TMP – Télévision Mobile Personnelle – montre des signes d’attentisme, peut-être faute de demande, surement faute d’accords entre les chaînes de télévision et les opérateurs de communications d’une part et faute d’un modèle plus général accepté par tous (notamment les détenteurs de droits, les industries créatives, …) d’autre part.

  • Motorola multipliait les mises en garde sur ses activités mobiles.

  • la 4ième licence 3G en France subissait report de décision sur report de décision.
La récession présente ou à venir allait-elle peser sur ce secteur, généralement plus indemne, notamment avec l’amortisseur que constituent les pays émergents ?


Les statistiques 2008 parues récemment montrent que la crainte d’un ralentissement est bien réelle. Parmi les 5 premiers fabricants de téléphones mobiles, 3 sont en repli (Nokia, leader mondial affiche -15,2% au 4ième trimestre 2008 par rapport au 4ième trimestre 2007, SonyEricsson -21% et Motorola -53%). seuls Samsung et LG progressent (respectivement de +14% et +8,4%, toujours au 4ième trimestre de 2008).

Les causes sont multiples :


  • ralentissement économique (notamment en termes de consommation).

  • changement de hiérarchie des besoins, faisant reculer les besoins en communication, en contacts, en échange, en d’autres termes en liens sociaux, dans la hiérarchie des besoins.

  • hyper - fragmentation de l’offre (balkanisation).

  • concurrence, notamment concurrence en provenance des pays asiatiques qui bénéficient à la fois d’un marché intérieur explosif et de coûts de production encore favorables.

  • retard dans la sortie des nouvelles gammes.
Une grande partie de ces causes n’est pas seulement conjoncturelle.

Les prévisions pour 2009 sont très contrastées. A un repli général de 9% par rapport à 2008 (1,08 milliard de téléphones vendus dans le monde contre 1,18 milliard en 2008), certains pays afficheront cependant une croissance (+7,7% en Chine à 239 millions de téléphone vendus en 2009).
Un article récent publié dans
http://www.cellular-news.com/ confirme cette tendance jusqu’en 2013 en citant une étude publié sur http://www.ovum.com/ qui fait 3 constats :

  • le marché du mobile sera tiré par les pays émergents, renversant parfois les équilibres au profit de ces marchés, de ces régions.

  • la voix reste l’application la plus importante, notamment dans les pays émergents.

  • les données (M2M, IoT – Internet-of-Things) constituent le second facteur de croissance, surtout dans les pays développés.
Tout est en place pour un ajustement géographique, donc un ajustement « culturel » en termes de services (les services les plus utilisés en Asie ne sont pas les services les plus utilisés en occident), pour un ajustement technologique (3G, 4G, WiMAX, … ?) et enfin pour un ajustement applicatif. L’incertitude est donc la seule tendance qui peut être qualifiée de certaine.