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POLE DE COMPETITIVITE IMAGES ET RESEAUX

lundi 2 novembre 2009

il n’y a pas de petite économie




En ces temps où l’économie domine le monde, quelques interrogations peuvent nous aider à mieux comprendre ces phénomènes. Comment l’économie nationale pourra-t-elle résister à la « faillite » annoncée ? Les pays émergents seront-ils les nouveaux moteurs de l’économie ? Qu’est-ce qui change dans nos habitudes de consommation et qui modifie les équilibres économiques en profondeur ? … .




Les habitudes de consommation : ça bouge




Premier constat, la consommation a triplé en 50 ans (hausse moyenne des dépenses de 2,3% l’an) suivant naturellement l’évolution des revenus. La répartition des dépenses dans le budget des ménages a été modifiée, les dépenses d’alimentation et d’habillement ayant fortement diminué (respectivement -34% et -36% en poids passant de 38% à 25% pour l’alimentation et de 14% à 9% pour l’habillement) – phénomène de saturation -, alors que les dépenses de communication, loisirs et culture ont augmenté de 60% en poids, passant de 10% des dépenses à 16%. Dans le même temps (1960 – 2007) l’évolution annuelle en volume par habitant a été en moyenne de 2,5% et en prix de 4,5% alors que pour les services de communication, loisirs et culture cette même variation a été de 4,6 en volume et de 3,6 en prix. Autrement dit, mis à part le domaine de la santé (en très forte croissance) les services de communication, loisirs et culture ont « tirer » l’économie en volume tout en assumant simultanément une décroissance relative des prix.

Les transports sont dans une situation différente, voyant un très forte croissance en poids (64%, passant de 11% des dépenses à 18%) mais avec une évolution en volume plus modeste (3%) et une évolution en prix plus élevée (5,1%).

Autre manière d’exprimer cette constatation, les dépenses « contraintes » (logement, transport) augmentent beaucoup plus vite en prix qu’en volume, alors que les dépenses « libres » voient au contraire une augmentation en volume, entraînant à son tour une diminution relative des prix.







Autre conclusion de cette étude de l’INSEE : la part des services (y compris les loyers) dans la dépenses des ménages va croissante, passant de 30% à 50%, les biens manufacturés quant à eux passant de 30% à 25% et la part de l’énergie « tant quasi constante à 7-8% sur cette période.

Le secteur « naturel » du pôle Images & Réseaux est donc en forte croissance, ne connaît pas de phénomène de saturation

(tout au moins au niveau des services de communication, de loisirs et culture, les équipement eux-mêmes, notamment l’électronique grand public pouvant connaître ces phénomènes – malgré le multi-équipement possible des ménages, possédant plusieurs téléphones, plusieurs lignes, plusieurs téléviseurs, plusieurs ordinateurs) et peut encore jouer sur un triple moteur : croissance des dépenses, baisse des prix sur les marchés domestiques, demande mondiale tirée par les pays émergents.

Or, en période de crise, les habitudes changent et encore plus vite, les nouveaux arbitrages s’imposant avec encore plus de vigueur et encore plus rapidement. Il y a fort à parier que les changements observés sur la période 1960-2007 vont continuer et qu’il sera important d’observer les nouvelles tendances pour comprendre un monde qui bouge encore plus vite encore plus intensément.







Pays émergents : moteurs de l’économie ?




Le CPE (Centre de Prévision de l’Expansion), dans un excellent article du numéro d’octobre 2009, revient sur l’effet d’entrainement escompté de la croissance dans les pays émergents. SI la croissance en rythme annuel de ces pays (notamment Chine et Inde) est de l’ordre de 8 à 12%, si celle des pays d’Amérique Latine s’est stabilisée, les causes en

sont essentiellement dues aux investissements publics et à la consommation des ménages.

Or les exportations occidentales sont pour l’essentiel le fait du marché des entreprises. Les besoins des consommateurs locaux sont en effet pourvus par les producteurs locaux (y compris les filiales locales des grands groupes). La seule exception concerne les matières premières, puisque les pays émergents génèrent 70% de la demande mondiale en métaux et 60% de la demande en produits alimentaires.

En conséquence on peut retenir :

* la croissance des pays émergents, conséquence de leurs politiques budgétaires et monétaires est revenue à un niveau comparable à celui d’avant la crise,

* l’augmentation de la productivité et des salaires, génère une forte demande locale en produits de consommation,

* la demande locale est très fortement satisfaite par la production locale, incitant probablement à une nouvelle vague de délocalisation (automobile par exemple) – Le CPE estime que la France pourrait perdre jusqu’à 5 à 6% de ses emplois du fait de la crise.

* les biens industriels, principaux contributeurs à l’exportation en provenance des pays développés ne sont pas encore concernés par cette reprise,

* la demande en matières premières va probablement générer une hausse des prix (probablement accentuée par une hausse spéculative), qui elle-même va engendrer un retour de tendances inflationnistes (autour de 1% dès la fin de 2009).

* les investissements internationaux, attirés par le dynamisme des pays émergents, obligeront les pays développés à proposer des taux attractifs pour attirer les capitaux en acceptant simultanément une charge de la dette accrue pour les entreprises et les états.




Ces tendances macro-économiques, laisseront cependant la place à une réponse géographique ou sectorielle différenciée, comme le laissait à penser la carte publiée en août 2009 par Les Echos (source Bloomberg).

Malheureusement dans les secteurs « naturels » du pôle Images & Réseaux, la tendance est déjà à une production très extérieure à l’Europe. Restera à notre continent l’innovation (tant technologique que marketing), l’économie immatérielle, dont les services et les contenus (les industries créatives).

Dans un article très récent, The Economist nous indique que selon la Banque Mondiale un supplément de 10 téléphones mobiles pour 100 personnes permet une croissance de 0,8% du PIB. Il y aura donc un double effet pour certains pays : la croissance des systèmes de télécommunications avec les mobiles et la croissance induite du PIB. Cependant les acteurs asiatiques prennent rang (Huawei et ZTE, respectivement en 4ième et 8ième position des équipementiers dans le monde).






Les voies du rétablissement :




La dette publique française représentait (mais elle augmente) environ 77% de la richesse produite en 2009. A ce rythme elle atteindra 100% en 2017 et 200% en 2040. Ramener cette dette à 60% du PIB d’ici à 2017, reviendra à récupérer environ 500 G€ en 8 ans dans l’hypothèse de taux de croissance et d’inflation observés sur longue période (chiffres calculés par Aurel-BCG et corroborés par le Centre de Prévision de l’Expansion).

Quatre leviers pour résoudre cette équation, quatre leviers à actionner simultanément :



* Levier 1 : favoriser la croissance (gain estimé de 100 à 250 G€),

* Levier 2 : augmenter les impôts (gain estimé à 120 à 250 G€),

* Levier 3 : diminuer les dépenses (gain estimé à 80 à 200 G€),

* Levier 4 : laisser filer l’inflation (gain possible jusqu’à 340 G€).




Une toute première conséquence s’impose : c’est bien sur les 4 leviers qu’il faut jouer, aucun d’entre eux, pris seul, ne pourra sans risque et sans aléa suffire.

Inflation : instrument délicat avec la politique « monétaire » de la BCE.la remontée des taux qui pourrait suivre allant à l’encontre de l’allègement du poids de la dette. Mécaniquement la pression sur les matières premières (notamment en provenance des pays émergents) va contribuer à une hausse des prix, favorisant la montée de l’inflation. « Laisser filer » l’inflation peut être une mesure à court moyen terme, mais qui devra être payé sur le long terme (autrement dit on reporte dans le temps).

Dépenses : instrument d’autant plus facile à mettre en œuvre que les sources de gaspillage sont innombrables, que les sources de productivité aussi et que les concitoyens y sont prêts. Cependant les pressions corporatistes vont être nombreuses et intenses, les sources de gaspillage et de productivité étant, semble-t-il, d’autant plus nombreuses que le statut est protégé. Il est tout aussi évident que le « millefeuilles » est à la fois source de dépenses et source de rigidité. La réforme territoriale est alors indispensable (et peut-être même en préalable).

Impôts : réduction des niches fiscales, augmentation de la fiscalité directe (qui diminue depuis 10 ans), augmentation de quelques points les impôts établis sur une assiette large et payés par le plus grand nombre (CSG et autres contributions sociales), … l’imagination ne manque pas. Le courage … .

Croissance : logique de relance, grand emprunt, sélectivité des choix de projets, … sont d’éternelles questions mais qui doivent être prises en compte. Une croissance à 3% (soit 1 point de plus que la croissance sur une longue période) rapporterait 175 G€, soit 1/3 du chemin à parcourir et probablement à moindres contraintes sociales et/ou politiques. La révolution Internet n’est pas terminée, la révolution verte n’est qu’à peine ébauchée. La croissance ne se décrète peut-être pas mais elle se prépare (éducation, formation), surtout dans un pays qui souffre d’un grand déficit de qualité de formation et donc de compétences.



C’est bien dans ce domaine que le pôle Images & Réseaux doit jouer son rôle à effet multiple : investissement de R&D porteur de croissance, porteur de gain de productivité, porteur de formation. Si l’idée est retenue, l’enfer sera dans l’exécution, notamment en termes d’agilité, où lorsque pour un même projet il y a autant de dossiers que d’intervenants et ce pour chacun des financeurs, qu’à la logique de projet se substitue la logique d’entreprise.

Il faut que le pôle Images & Réseaux s’insère dans tous les grands projets pour offrir à ses acteurs toutes les possibilités d’investir, pour la croissance de demain.

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