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dimanche 17 mai 2009

Digiworld 2009

L’IDATE a choisit de commenter la confirmation du savoir faire d'Apple qui, après avoir réussi le lancement de l'iPhone en 2007, a su imposer le modèle de l'AppStore comme référence pour tous les acteurs déclarés ou potentiels de l'Internet mobile. Sont évoqués les réseaux sociaux, à travers l'audience extraordinaire acquise par des acteurs comme Facebook ou Twitter. Malgré les
difficultés à monétiser cette audience, ils constituent de plus en plus des plateformes décisives dans l'innovation de service et l'organisation des pratiques nouvelles de communication. Il introduit à cette occasion les notions d'Open Innovation et d'Open Platform, en y voyant une grille de lecture pertinente de cette actualité : aucun leader de l'industrie ne peut ignore
r le potentiel d'innovation et de création de valeur qui réside dans les autres acteurs de l'écosystème numérique (dont les clients eux-mêmes). La stratégie est dès lors de savoir à quelle moment il faut ouvrir sa plateforme et sous quelle forme...



Digiworld 2009 vient d’être présenté à la presse. Dans cette période de grande incertitude, où les segments du marché (Télécommunications, Informatique et Médias) voient se conjuguer les effets de la récession économique, les effets de fin de cycle, les ruptures dans les comportements d’achat et de consommation et les plans de relance, voir clair devient un casse-tête.
L’IDATE y réussit, notamment grâce à sa longue expérience (la première édition de Digiworld remonte à 2001) qui lui permet de trier le bon grain des tendances de l’ivraie du buzz.
Quelles sont les grandes lignes de Digiworld 2009, qui commence comme chaque année par l’analyse de l’année passée (2008).
  • tassement de la croissance mondiale des marchés1à 4,8%, à 2739G€ soit 6,5% du PIB mondial. Cette croissance est désormais inférieure à la progression de l’économie mondiale (différence entre la croissance du marche du Digiworld et la croissance mondiale : 2%).
Ceci signifie que certains segments de marchés sont désormais en décalage par rapport à la croissance mondiale. Ceci signifie aussi que les économies qui tablent
sur un leadership par les technologies nouvelles, ne sont pas en bonne posture puisque le marché primaire dans leur cas est en retrait par rapport à la croissance mondiale et que par ailleurs les tailles de marché sont insuffisantes. Ce qui est vrai pour certains segments l’est aussi pour certains pays.(les marchés en développement ont généré 85% de la croissance en 2008).






  • on retrouve le rapport de 1 à 4,3 entre le poids des équipements de télécommunication (232G€ en 2008) et celui des services (997G€ en 2008), faisant des opérateurs de services de télécommunication les moteurs de la croissance (notamment dans les pays émergents et dans les segments en forte croissance) et donc du changement.


  • on trouve un rapport de 1 à 3,6 entre les services de télécommunication et les services de télévision. Si on ajoute à cela le fait que les services de télécommunication sont plus concentrés que les services de télévision2, que la publicité reste le mode de financement dominant des services de télévision et que les investissements publicitaires sont en régression, on peut y voir l’amorce d’un rééquilibrage entre les deux mondes (au profit des opérateurs de télécommunication qui deviendront « médias », la rareté des contenus et des droits donnant un privilège à ceux qui ont des capacités financières).

  • la question fondamentale est bien la capacité de « monétiser » les services et les contenus, directement (premium) ou indirectement par la monétisation de l’audience (publicité). Dans le monde de l’Internet seul Google à réussi à le faire, même si dans le monde des médias ceci est plus courant (mais avec les fragilités que l’on sait). La récession économique provoquant une baisse significative des revenus publicitaires, la trop forte dépendance de certains vis-à-vis de ce mode de financement va probablement contribuer à des bouleversements dans les modèles économiques (forfaitisation, micro-paiement, abonnement, premium, …). L’autre manière de changer le modèle, économique est de passer en mode « interactif » pour établir la relation d’achat directement avec l’Internaute, le mobinaute, le téléspectateur, l’auditeur, le lecteur.

  • la primauté au service est enfin reconnue, où le succès (relatif) des smartphones est largement du à l’existence d’un catalogue d’applications, de contenus, de jeux au sein d’un écosystème de développeurs (en mode « ouvert » - Androïd, … –, ou fermé – OVI, iPhone, …-)3.
iTunes avait déjà modifié profondément le monde de la musique, le téléchargement d’applets, de widgets, … devient la règle, règle qui s’étend bientôt à d’autres segments (télévision sur PC passant à la télévision sur téléviseur, mais la télévision « choisie », par accès, à la demande, en rattrapage, … par opposition à la télévision de flux).
Cette primauté du service est particulièrement vraie pour Internet et notamment pour l’Internet mobile. Dans le passé les mobiles ont péchés par défaut, les infrastructures étant là, y compris les infrastructures logicielles (WAP) sans pour autant que les services le soient. Aujourd’hui les applications, les services, les contenus sont là grâce à Internet. Cependant, la gratuité (modèle prédominant) pèse très lourd dans les décisions de déploiement de services payants.
  • la primauté du service implique la primauté des plates-formes. Les soucis d’interopérabilité des services (un même service disponible sur plusieurs supports, sur plusieurs médias – ATAWAD4-) impose la disponibilité de plates-formes de développement (SDK) bâties autour de standards (ouverts ou fermés) pour ces milliers de contenus et d’applications (qui de plus auront encore pour quelques temps des vertus « locales », même si l’industrialisation de ces services et contenus permettra à terme là aussi une mondialisation des capacités). L’année 2008 a été très fertile pour l’annonce de plates-formes technologiques, illustrant des modèles très différents (Microsoft, Google, Nokia, Apple, forums industriels tels que Genivi, Limo, MobLin, Open Handset Alliance, …sans parler d’Amazon) mais surtout illustrant la nécessité de ces plates-formes.
  • si des signes indiscutables de récession économique et de fin de cycle (notamment pour les télécommunications mobiles) se font sentir, militant pour une continuité amoindrie, des signes tout aussi indiscutables de rupture voient le jour.
-46% pour la musique numérique téléchargée sur mobile, +470% pour les formes de streaming et d’abonnement toujours pour la musique numérique entre le 1er trimestre 2009 et le 1er trimestre 2008, alors que les ventes de musique physique reculent de 18% (mais avec un volume 5,73 fois gros), démontrent ces phénomènes amples et brusques (sur 1 an).

-16% pour les ventes de mobiles relèvent à la fois d’une fin de cycle et de changements en profondeur. S’il ne s’agissait que de fins de cycle nous aurions une lente décroissance, compensée par de nouveaux produits, de nouveaux services. Ce n’est pas le cas, il y a bien rupture.
  • les plans de relance gouvernementaux font plus de place aux investissements d’infrastructure (notamment pour le très haut débit) qu’aux applications et aux contenus5. En France le secteur des « serious games » et du Web 2.0 sont privilégiés mais il s’agit véritablement de niches et les montants impliqués ne feront pas d’effet de levier.L’effet de levier est d’ailleurs fortement contesté. S’il est indéniable que la chaîne de valeur complète forme un formidable effet de levier, il n’est pas certain que l’action sur un élément isolé de la chaîne de la valeur conduise à un effet de levier. La capacité d’innovation n’a d’égale que la capacité à diffuser et à utiliser les nouvelles technologies. Si l’un des deux éléments est absent, la chaîne toute entière est freinée.6

1 télécommunication (équipements et services), informatique (matériel, logiciel et services), services de télévision, électronique grand public (équipements).
2 quelques opérateurs de télécommunication par pays, plusieurs dizaines d’opérateurs de services de télévision par pays.
3 plusieurs dizaines de milliers de « contenus » téléchargés plus d’un milliard de fois pour l’AppStore.
4 ATAWAD, terme popularisé par Médiamétrie et signifiant Any Time Any Where Any Device.
5 à l’exception peut-être des U.S.A où les aides gouvernementales pour la santé passent par un volet TIC important, de même que le volet Education - Recherche
6 c’est même l’une des explications fournies pour le retard pris par notre pays dans le classement mondial de la compétitivité, où si les ressources consacrées à la R&D sont situées en bonne position (5ième), la productivité de la R&D est moins bonne (7ième) et la compétitivité encore moins bonne (23ième). C’est notre capacité à utiliser les nouvelles technologies qui est le frein le plus contraignant. Paradoxalement il y a aujourd’hui plus de PC à domicile que dans les entreprises. Ceci explique peut-être cela.

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