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mercredi 13 mai 2009

Après la crise

Quelle sera l’économie de l’après crise pour les NTICA (Nouvelles Technologies de l’Information, de la Communication et de l’Audiovisuel) ?



Deux constatations essentielles :
  • les tendances observées avant la crise seront accélérées ou freinées,
  • des nouvelles tendances apparaîtront.

Autrement dit nouveauté, accélération ou ralentissement, rien ne sera comparable, rien ne sera extrapolée.
La récession , qui a suivi une crise de l’endettement et une crise d’inflation sur les matières premières, les denrées alimentaires et l’énergie a permis de se rendre compte de la nécessaire réduction des ressources disponibles, que ce soit en matière financière, en énergie, en matières premières. Cette réduction a entraîné des impacts à grande échelle (prix du pétrole brut allant du simple au double par exemple) à montré l’extraordinaire sensibilité des données aux évènements.
Passer de +2 ou 3% de croissance à -6% en quelques mois relevait encore il y a quelques temps de l’impossibilité, tout comme voir une croissance de 10 à 13% dans certains pays et 2% pour d’autres. L’amplitude du signal a de quoi déconcerter et donc a de quoi rendre difficile voire impossible toute prévision.
La seule hypothèse réaliste est que l’économie d’après crise sera « maigre ».
L’impact le plus probable de cette maigreur est que les changements (les ruptures) et notamment ceux résultant des usages seront légions. Une crise (une récession) est génératrice de peurs (tous les jours on nous annonce la fin du monde) et toute peur provoque des changements de comportement et donc d’usages.


Les premiers signes avant coureurs sont déjà perceptibles :
  • recul sans précédent des ventes de musique physique et pour la première fois, recul des ventes de musique numérique, alors que l’on prédisait que la crise allait amplifier le désir de loisir et de distraction.
  • ralentissement des dépenses des ménages pour les communications (téléphonie fixe, télévision, Internet, téléphonie mobile) allant jusqu’à l’intention de réduire ces dépenses par près d’une personne sur deux.
  • recul sans précédent des ventes de terminaux mobiles (-16%), notamment du fait que (i) le marché dépend à 75% du renouvellement que (ii) les renouvellements sont différés et du fait de (iii) la faible attractivité des nouvelles offres en termes de services et/ou de contenu et/ou de prix.
  • recul des investissements publicitaires (sauf peut-être – ou dans une moindre mesure – pour les investissements publicitaires « online »).
  • report de la télévision en ligne sur le téléviseur au détriment de la télévision en ligne sur PC.

Certains plans de relance nationaux font une large place aux investissements liés aux NTICA (notamment infrastructures « très haut débit », …). C’est peut-être jouer à contretemps puisqu’aujourd’hui la demande ne concerne pas l’infrastructure mais bien les services, la qualité des services et le rapport qualité/prix des services et des contenus.


Quelques temps avant la récession, les médias étaient déjà confrontés à une mutation technologique sans pareil, passant aux technologies numériques, passant du flux à l’accès, passant du « passif’ » à l’interactif, passant de la bande passante au contenu, passant de la communication au média, de la réception à l’échange, de l’individuel au social.
Pour financer cette mutation il fallait engager des investissements, certes moindres, puisque les prix de reproduction, de diffusion des technologies numériques sont sans commune mesure avec ceux des technologies traditionnelles – d’où de nombreux nouveaux entrants, fragmentant ainsi l’offre -. Or comment financer en pleine récession ? Toutes les conditions sont réunies pour une recomposition en douleur du paysage.


Toutes les conditions sont réunies pour des ruptures endogènes (recomposition du paysage) et pour des ruptures exogènes (changement de comportement et d’usages).

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